Photo-haïkus

sur le pont
regardant passer les haïkus

à l’horizon

Natacha Karl
 

Sélection Photo-haïkus

Publication

L’AFH a le plaisir
de vous annoncer les résultats
du quatrième Concours Photos-Haïkus 2020
(Jury : Éléonore Nickolaï)
Avant -propos :

L’art du photo-haïku émane de deux passions, celle de la photographie et celle du haïku.

Nous attendons de la photo des acquis techniques et esthétiques, comme nous attendons du haïku un certain nombre de caractéristiques qui le définissent comme tel. L’un comme l’autre doivent nous convaincre, mais indépendamment. Autrement dit, la photo doit nous capter sans l’appui du haïku et inversement.

En règle générale, notre regard saisit la photo avant le haïku. C’est ensuite que nous faisons le lien entre les deux, parfois instantanément, parfois après réflexion. Le photo-haïku n’est pas réussi lorsque l’un illustre l’autre ou lorsque le lien entre les deux reste insaisissable.

De ce fait, dans mon analyse des 73 photo-haïkus reçus de 37 auteur.es., j’ai procédé de la manière suivante :

– premièrement, je me suis interrogée sur la photo, sur ses qualités techniques et esthétiques. Que dégage-t-elle ? Me touche-t-elle ?

– deuxièmement, le haïku possède-t-il les caractéristiques poétiques indispensables pour qu’il résonne en moi ?

– troisièmement, puis-je capter le lien entre la photo et le haïku ? Si oui, quel effet provoque-t-il ?

…/…  Propos complet, lien  pour PDF
Photos cliquables pour agrandissement
 

premier été sans toi
à ta place sous les draps
le froid se glisse

Joëlle Ginoux-Duvivier

 

fin de l’automne
la feuille morte
elle aussi

Christiane Ranieri

 

marée basse –
des pattes de chien, d’oiseaux
si proches des pas des hommes

Françoise Gabriel

 

confinement
les arômes de liberté
de mon thé citron

Patrick Fetu

 

fin d’été
replié le souffle
de l’éventail

Annie Chassing

 

insomnie
j’écoute les couleurs
de la nuit

Françoise Maurice

 

Premières feuilles mortes
Les amours d’été
Déjà lointains

Laurence Fischer

 

nouvelle saison
le coucher de soleil
a changé de fenêtre

Mireille Peret

 

balade en barque
dans l’été à la dérive
nos habits trempés

Françoise Deniaud-Lelièvre

 

éclats de rire
sur la joue de l’enfant
un peu de ciel

Anne Delorme

 

matin d’automne
à la fenêtre
le dernier papillon

Naeja

 

Sélection Photo-haïkus

Publication

L’AFH a le plaisir
de vous annoncer les résultats
du troisième Concours Photos-Haïkus 2020
(Jury : Robert Gillouin et Gérard Dumon)
Avant -propos :

Sélection haïshas juin 2020.
Vingt-deux candidats ont répondu à l’appel. Nous avions demandé l’envoi de deux propositions par personne.
Les choix ont donc été opérés sur quarante-quatre haïshas, ce qui n’a pas toujours été aisé, les envois étant dans leur majorité intéressants.
Sept d’entre eux ont eu nos faveurs… Il est à noter que trois ont fait l’objet de choix communs.
Les voici, accompagnés de nos commentaires.

               Robert Gillouin et Gérard Dumon

Photos cliquables pour agrandissement
 

j’écoute Piaf
pour la millième fois…
la vie n’est pas rose

Lavana Kray

Sur cette photo d’une belle construction, se dégage un effet de profondeur et de dérision. L’objectif nous colle presque le nez dans le sable, impossible d’échapper à cet étalage de détritus. L’ouverture choisie, estompe juste ce qu’il faut de l’arrière plan. Dans ce tableau le haïku prend de la hauteur dans un ciel grisonnant, et nous apporte ce petit côté désabusé. Mais il y a assez d’ouverture pour que chaque lecteur puisse investir de sa réflexion, cette plage et son naufrage environnemental. Pour ma part, un haïsha réussi.
Gérard Dumon
J’aime beaucoup la photo, à la fois pour son cadrage assez classique (13 _ 2/3) avec un point focal au 1° plan qui attire le regard, et aussi par ce qu’elle nous dit de notre monde endéliquescence.
L’allusion à Édith Piaf et à la vie qui, du coup n’est pas très rose accentue le côté militant de ce haïsha qui donne une fois de plus à réfléchir sur nos actes quotidiens.
(Je me demande si le côté « pixellisé » des détritus sur la plage est voulu, ou pas…)
Robert Gillouin

 

sur son fragile esquif
le rêveur
a pris le large

Sophie Masson

Sans lui prêter vraiment cette intention, on pourrait dire que cette photo est l’illustration du déconfinement proche, ou rêvé. Le rêveur est ici le passager d’un drôle de bâtiment, sur lequel le lecteur s’embarque au premier coup d’œil. Le choix du format et du noir & blanc de la photo, apporte avec bonheur cette possibilité de rêverie, pour chacun. Mise à part, que personnellement je trouve que le personnage est peut-être un poil trop centré, et que l’’ensemble aurait sans doute pu encore gagner en profondeur ( avec le haïku mis sur le bas de la diagonale, libérant plus d’espace pour le regard )… ce haïsha est une réussite.
GD
Très belle idée !
Ce « navire » rêvé n’est que le support d’un hamac, le hamac est fait pour le rêve…
L’homme est en équilibre entre rêve et réalité, la mer est faite de forêts et d’herbes folles… Admirable !
Je me pose la question suivante : le photographe a-t-il surpris le rêveur ?ou a-t-il réalisé une mise en scène ? La première option serait magnifique !!!
RG

 

Auszeit vom Gedränge
Erster Urlaubstag
Das Meer zum Greifen nah

Paul Bernhard

plus de cohue
premier jour de vacances
la mer à ma portée

Traduction Eléonore Nickolay
Je l’avoue, j’ai une grande attirance pour les photos « matières » et celle-ci m’a séduite par la pureté de sa composition. J’y trouve à la fois un graphisme recherché et un vrai équilibre de l’ensemble. Le choix de la police du haïku, et son emplacement sous le cailloux blanc à la manière d’un sceau, me fait penser à un sumi-e. Pour moi, la fausse sobriété de l’image pour employer une métaphore, recèle le corsé d’un café (matière-sujet) et la finesse du thé (composition de l’image). Le haïku est simple, traduit juste la présence de l’auteur sur le lieu de la prise du cliché. Le poème garde ainsi la distance minimale nécessaire, pour créer un haïsha.
GD

 

rue de banlieue
par la seule fenêtre ouverte se jette
un rideau

Annie Chassing

Un haïsha bien ancré sur un haïku fort. Le mouvement sur la photo contraste avec les poissons visiblement morts, qui flottent le ventre en l’air. Pourtant l’ensemble est doux, peut-être en contraste avec la violence du propos et des eaux mortes… Un haïsha qui ne laisse pas indifférent, de par son énergie à vouloir s’abstraire d’une situation figée et stigmatisée. À mon avis le haïku aurait « peut-être » encore gagné en force, si la césure était juste après « ouverte » Mais de toute façon, c’est un haïsha fort et réussi.
GD
Ce rideau qui se jette avec autant de grâce, de quoi est-il le symbole ? Peut-être le désir de s’envoler, de s’échapper d’un milieu subi et peu attirant ?
La douceur du traitement de l’image (tirage très « soft ») s’oppose à la violence de l’acte qu’elle présente : ce rideau se la joue déferlante. Ce contraste est, dans le texte, appuyé par le verbe, par le fait qu’il n’y a pas d’issue : seule la fenêtre permet la fuite…et il n’y en a qu’une !
Très symbolique et magnifique ! Un poème que François Cheng ne renierait pas…
RG

 

au bout du môle
deux vieux parlent d’autrefois
comme tous les jours

Patrick Fetu

Le haïsha trouve tout de suite sa cible… « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…etc » . La photo est bien là pour nous rappeler une époque révolue. Des vieux bâtiments meurent doucement dans la rouille, et la patine du temps sur les matières et les couleurs, y jette un certain panache. Ces bateaux de pêche pointent une époque qui a été bouleversée par une politique économique de la mer sans état d’âme. Les conséquences humaines ont été terribles. Mais ici le haïku, préfère l’aborder avec un brin d’humour nostalgique, deux témoins, sûrement des anciens marins pêcheurs, qui se retrouvent tous les jours pour se réchauffer le cœur, au bout du môle…Tout un symbole. Le lecteur peut facilement faire un peu sienne, cette histoire humaine…
GD

 

Prière pour Pâques –
une sorte de frémissement
de l’insectarium

Lavana Kray

Ce haïsha m’interroge. Il y a une vraie recherche graphique entre la présence des sujets et de leurs ombres qui est très réussie et qui compose l’image en deux parties.
Avant même de lire le haïku qui lui est associé, j’avais imaginé le sujet du premier plan comme étant un gros plan sur un insecte, ou un élément d’un mammifère disparu (dinosaure ou autre). Je pense que le lien entre la photo est le texte se situe dans ce questionnement.
Alors, pourquoi une prière ? Pourquoi Pâques ? L’être représenté au premier plan serait-il en train d’émerger d’un œuf (de Pâques ?), suite à une improbable prière ?
L’auteure seule le sait… Mais le haïsha est aussi fait pour présenter un peu de mystère, non ?
RG

 

sortie d’hôpital –
pour affronter son regard
il met le masque

Carmelina Carracillo

Image double. Un côté net, une partie floue. La vie, quoi !
Sans le texte, cette image nous entraîne déjà vers ce double sens, et le haïku précise la volonté de l’auteur, précise le scène dans laquelle il tient à l’inscrire.
Malgré tout, la partie mystérieuse nécessaire au haïsha subsiste dans un élément identitaire : qui, des deux renonce à affronter le dialogue ?
Séquence émotion pour ce haïsha qui, tout en passant par le symbole, va bien au-delà.
RG

Le haïsha, ou haïku-photo, art récent, est une photo liée à un haïku sans que cette photo constitue une plate illustration du haïku. Le haïsha offre une autre lecture et une vision originale orientant la pensée vers d’autres possibles.

Haiga im Focus site de Claudia Brefeld

Sélection Photo-haïkus

Publication

L’ AFH a le plaisir de vous présenter une sélection « Haiga im Focus » du site de Claudia Brefeld, réalisée par Éléonore Nickolay.

Extrait PDF ci-dessous :

 Le projet « Haiga im Focus » est un site internet où sont publiées mes sélections mensuelles de photo-haïkus et de haïgas.        Mon objectif est de montrer un large éventail de ce genre de compositions, du haïga traditionnel jusqu’aux formes d’expression artistique du haïga et du haïsha moderne et expérimentale, dont le critère essentiel reste l’esthétique. À ce propos, Ion Codrescu a déclaré clairement: « Le point le plus important est de respecter son esprit. » (Simply Haiku 2010/06/22) …/…
Claudia BREFELD

Propos complet + traductions par Éléonore Nickolay, ici

Note :  Pour lisibilité, images présentées plus grandes qu’éditions francophones car elles ne s’agrandissent pas en cliquant.

Helga STANIA

 

Traude VERAN

 

Kerstin HIRSCH

 

Anke HOLTZ

 

Ruth Karoline MIEGER

 

Ramona LINKE
 
 
Gerd ROMAHN
 
 

Christof BLUMENTRATH

 

Ellen ALTHAUS-ROJAS
 
 
Paul BERNHARD
 
 
Klemens ANTUSCH
 
 
Birgit ZELLER
 
 
Peter WIßMANN & Christine PLETZER

 

Brigitte TEN BRINK
 
 
Friedrich WINZER

Sélection Photo-haïkus

Publication

Vous pouvez retrouver également cette présentation superbement mise en page par Claudia Brefeld avec les textes traduits en langue allemande sur le site Haiga im focus ici :
L’AFH a le plaisir
de vous annoncer les résultats
du deuxième Concours Photos-Haïkus 2019
(Jury : Valérie RIVOALLON)
Avant -propos de Valérie RIVOALLON
Je remercie l’AFH de m’avoir confié la sélection de haïshas de ce trimestre.
Soixante-trois haïshas ont été reçus de la part de trente-deux participants et quinze ont été sélectionnés.
Mêlant photographie et haïku dans une troisième œuvre, le haïsha est triplement plus difficile à réussir.
Il ne suffit pas de suivre les règles. Une photographie techniquement parfaite ou un haïku respectant les trois consignes classiques peut être sans intérêt. On aime parfois à les comparer car ils capturent chacun l’instant. Cet instant qui nous fait appuyer sur le déclencheur ou poser les mots sur le papier. Le tout est de parvenir à transmettre non seulement ce que nos sens ont perçu mais également les sentiments qui ont touché notre cerveau et notre cœur.
Il faut choisir ce que l’on veut partager. La photographie permet au spectateur de regarder l’image dans son ensemble ou dans ses détails. Elle provoque ou pas chez lui un sentiment semblable ou différent de celui de l’auteur. Le haïku, quant à lui, laissera libre cours à l’imagination du lecteur. Il décryptera le poème et parviendra ou non à reconstruire l’instant décrit par l’auteur.
… /…
Avant-propos complet, ici

Valérie RIVOALLON

Photos cliquables

Début de l’été
Le délice
De ses premiers mots

Mireille Peret

 

fin de l’été
au-delà des Perséides
une étoile
Françoise Maurice
 
fin de saison
l’été s’en va
à l’autre bout du monde
Gérard Dumon
 

Anniversaire –
il y a si longtemps
que tu ne vieillis plus

Joëlle Ginoux-Duvivier

 

troisième printemps –
la première gorgée
de grenadine
Anne Delorme

 

un baiser
sur le ventre de sa mère
pour sa petite sœur
 
Patrick Fetu
 
Le roulis du temps
son voile de mariée

souvenir fugace

Claudie Caratini
 
Fête des mères
je n’en parle pas à l’amie

sans enfant

Éléonore Nickolay

 
pas sur le sable
que le vent époussette –

les volets claquent

Dominique Pedrola
 
page après page
de nouveaux points bleus

sur mon buvard rose

Damien Gabriels
 
Au soleil couchant
sur un matelas gonflable

plus crevé que moi

Sandra Houssoy
 
sur le pont
regardant passer les haïkus

à l’horizon

Natacha Karl
 
Nostalgie d’été
Abandonné sur la plage

Un fragment de cœur

Ophélie Camélia
 
Silence de l’aube –
dans la danse des nuages

une invitation

Laury Rouzé
 
bouches gourmandes
croquant des fruits de saison

dernière neige

Michèle Marypetit
 

Sélection Photo-haïkus

Publication

Vous pouvez retrouver également cette présentation superbement mise en page par Claudia Brefeld avec les textes traduits en langue allemande sur le site Haiga im focus ici :
L’AFH a le plaisir
de vous annoncer les résultats
du premier Concours Photos-Haïkus 2019
(Jury : Eléonore Nickolay)
Avant -propos d’Eléonore Nickolay
Vous étiez 41 participant.es et j’ai reçu 82 contributions : des photos magnifiques, je vous en félicite !
Mais ce n’était pas un concours de photos, vous le savez bien. Il était de mon devoir de m’interroger sur la qualité des haïkus. Ensuite, j’ai dû considérer le lien entre les deux. Ce lien ne doit pas être trop serré. Autrement dit, si votre haïku décrit ce que votre photo met en image, où est l’intérêt du haïku ? Et si le haïku commente, ou même interprête votre photo, alors là, vous privez l’observateur du plaisir d’apprécier librement l’image et de le faire résonner en lui.
On apprécie beaucoup le non-dit dans le haïku, n’est-ce pas ? Pour le photo-haïku, c’est la même chose. Laissez un « non-dit » entre photo et haïku. Ou pour reprendre l’image du début : liez les deux délicatement.
Ainsi, deux créations en créent une troisième : le photo-haïku !
En cohérence avec ce raisonnement, j’ai sélectionné 19 créations de 16 photographes-haïkistes.

L’ordre dans lequel elles sont présentées n’est pas un classement. Il a été établi dans le souci de mettre en valeur les photo-haïkus et de rendre leur contemplation agréable.

Rendez-vous entre le 1er et le 30 septembre pour
le deuxième appel photo-haïku de l’année 2019
Éléonore Nickolay
 

Photos cliquables

saison nouvelle
son petit poing serré
autour de mon pouce

Angèle Lux

Mouchoir chiffonné
au fond de la poubelle
ses larmes d’hier
Patrick Fetu
 
vent du large
oublier enfin
abscisses et ordonnées
Danièle Duteil
 

cabane de pêcheur
il n’y a plus que le vent
qui revient du large

Gérard Dumon
un zeste de vent ~
caresses d’amourettes
sur la dune
Françoise Deniaud-Lelièvre
Matin velours
tout le ciel dans ton regard
encore un peu
 
Irène Chaléard
 
battement d’ailes –
posée sur ma joue

ta présence

Anne Delorme

jeu d’enfant –
seule mon ombre

ne vieillit pas

Lydia Padellec

 
De plus en plus floue
Mon enfance s’éloigne

Un dernier regard

Bernard Cadoret
 
juste avant la nuit –
la berceuse silencieuse

de son sourire

Anne Delorme
 
Soir d’hiver
le vent par rafales

balaye nos souvenirs

Nicolas Minair
 
ronde des flocons
et je touille et je touille et

mon café sans sucre

Patrick Fetu
 
chapiteau démonté
des éclats de rire

jonchent le sol

Yves Ribot
 
Le temps s’egrafitte –
il lui a encore posé

un lapin

Annie Chassing
 
Elle et lui
sur les pentes de la Croix-Rousse

ils tissent

Danyel Borner
 
ses rêves de danse
derrière la vitrine

envol délicat

Natacha Karl
 
Le vent soudain
rafale de cheveux

sur l’objectif

Pascale Galichet
 
petits nuages
pas besoin d’antennes

pour capter l’instant

Dominique Borée
 
un si doux sourire
les bâtons de marche

sans le moindre arrêt

Annie Chassing